Ce n’est pas seulement Maurice Kamto et le Mrc qui militent pour une non-tenue du double scrutin législatif et municipal. En effet, le Père Lado s’est également emparé du thème. Il appelle les Camerounais à empêcher la tenue Du scrutin de février 2020.

C’est dans sa chronique dominicale du dimanche 1er décembre que le religieux a évoqué la question des élections. Dans sa chronique à la lumière des textes du premier dimanche de l’Avent année liturgique « A », le Père Lado qualifie les élections de solutions de « facilité ».

« Quand une personne ou une société traverse des moments de crise, la grosse tentation est de céder aux solutions de facilité ou aux fausses solutions. Les élections du régime Biya en sont une », explique le Père Lado.

Pour lui, l’urgence n’est pas d’organiser des élections. C’est d’abord de trouver la paix dans le NoSo. Par ailleurs, il évoque le code électoral comme « taillé sur mesure pour un autre braquage électoral ».

Nous vous proposons de découvrir l’intégralité de la chronique:

LA NUIT EST BIENTÔT FINIE

Au nom du sang des milliers de camerounais anglophones, qu’advienne enfin un prince de la paix capable de dompter les faiseurs de guerre !

Le premier dimanche de l’avent fait justement souffler le vent de l’espérance, l’espérance qui entretient en nous l’espoir de lendemains meilleurs. Oui, « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » (deuxième lecture).

C’est cela l’espérance dans laquelle nous plonge le temps de l’avent aussi bien au niveau personnel que collectif. L’espérance n’est cependant pas un optimisme béat, mais une vertu théologale qui, en entretenant la vie divine en nous, nous motive à œuvrer de toutes nos forces pour un monde meilleur. Justement la parole de Dieu nous invite à la vigilance en ces temps qui sont les derniers au Cameroun. Espérance, oui, mais dans la vigilance.

Quand une personne ou une société traverse des moments de crise, la grosse tentation est de céder aux solutions de facilité ou aux fausses solutions. Les élections du régime Biya en sont une ! L’urgence c’est quoi aujourd’hui ? Arrêter d’abord le torrent de sang dans le NO/SO ou aller aux élections avec un code électoral taillé sur mesure pour un autre braquage électoral ? En effet, comment peut-on se préoccuper des élections dans un pays où le sang de nos frères et sœurs continue de couler ? Oui, appelons d’abord la paix sur le Cameroun : «Paix à ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! » À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! »

À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien. » (Psaume).

Oui, « Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil » et de devenir plus humain. En ces temps qui sont les derniers, c’est le moment de veiller pour savoir distinguer les voleurs des bergers, les opportunistes des vrais leaders qui portent le souci de relever le Cameroun, de conduire ce pays des ténèbres dans lesquels il est plongé vers la lumière. C’est le moment de faire bloc pour empêcher cette énième mascarade électorale qui ne résoudra aucun problème au Cameroun, en dehors de satisfaire les ambitions égoïstes de quelques opportunistes.

C’est le moment de faire bloc au nom du sang des anglophones pour faire fondre cet égoïsme collectif au soleil de notre humanité commune. Oui, « Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie… » (deuxième lecture)
Faisons d’abord la paix, « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles.

Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » (1ère lecture). Le Cameroun se relèvera, mais pas par les élections du 09 février 2020 qui ne visent qu’à reproduire un système politique peccamineux. Le prince de la paix, mais la vigilance s’impose.

Oui, « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. (…) Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Evangile)
Oui, la nuit est bientôt finie, seulement personne ne connait ni l’heure ni le jour. Cependant la consigne est claire : veillez !

Ludovic Lado

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