Publié le
29.10.2019 à 17h50
par
AFP

Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a annoncé mardi la reprise prochaine des vols à Mitiga, seul aéroport opérationnel de la capitale Tripoli, fermé depuis presque deux mois à cause d’attaques répétées par les forces du maréchal Khalifa Haftar.

« Nous annonçons la réouverture de l’espace aérien et la reprise de trafic aérien à l’aéroport international de Mitiga dès ce jour », a déclaré Milad Maatoug, ministre des Transports du GNA, reconnu par l’ONU.

Les vols ne devraient pas reprendre avant une semaine ou deux, le temps que l’aéroport soit « totalement opérationnel », a-t-il cependant précisé, à l’issue d’une visite avec le ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha, et de l’émissaire onusien pour la Libye, Ghassan Salamé.

Situé à quelques kilomètres à l’est de la capitale, Mitiga se trouve dans la zone contrôlée par le GNA, basé à Tripoli.

Depuis le début le 4 avril d’une offensive des forces du maréchal Haftar, l’homme fort de l’est libyen, pour prendre le contrôle de Tripoli, l’aéroport a été à plusieurs reprises la cible de frappes aériennes et de tirs de roquettes.

Les forces pro-Haftar accusent le GNA d’utiliser une partie de l’aéroport à des fins militaires.

« Mitiga est un aéroport civil très important puisqu’il est utilisé par près de la moitié des habitants de la Libye et nous espérons qu’il ne soit plus la cible d’attaques », a déclaré M. Maatoug.

« Il y a 2,6 millions de personnes, dont des blessés et des malades, qui ont été privées de cette infrastructure vitale », a ajouté de son côté M. Salamé.

La fermeture de l’aéroport a aussi pesé sur l’organisation des « départs volontaires de migrants, organisés par les agences de l’ONU », a souligné l’émissaire de l’ONU.

« Ce n’est pas normal qu’une ville telle que Tripoli, la capitale de la Libye, soit sans aéroport », a-t-il estimé, affirmant que la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) a constaté qu’il n’y avait aucune présence militaire au sein de l’aéroport de Mitiga.

« Nous sommes rassurés aujourd’hui avec la définition des limites de l’aéroport civil. Dorénavant, aucune partie n’a de raison valable pour le prendre pour cible », a-t-il dit.

Après la dernière attaque en date, survenue le 1er septembre et qui avait fait quatre blessés, les vols ont été transférés à Misrata, à 200 km plus à l’est et l’aéroport a été maintenu fermé.

A l’avenir, « lorsque l’auteur est identifié avec des preuves à l’appui (…) toute attaque non justifiées sera considérée comme un crime de guerre », a averti M. Salamé.

« Le Conseil de sécurité (de l’ONU) en sera informé et (le responsable) sanctionné », a-t-il ajouté, sans donner de précisions quant aux sanctions encourues.





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